Marché de Noël

Nous sommes le vendredi 22 décembre, Noël approche. L’atmosphère humide, offrant son odeur si caractéristique de pluie, n’empêche pas les nantais de s’affairer à leurs achats de Noël. L’effervescence est à son comble, et les retardataires se hâtent d’acheter leurs derniers cadeaux. Rue de Gorges, je suis immédiatement submergée par les effluves de pâtes et de kebabs qui se dégagent des restaurants. Arrivée place Royale, les senteurs changent brutalement. J’ai du mal à déceler toutes les informations qui me parviennent au nez, l’odeur est complexe. Je m’engage dans les allées, zigzagant entre les chalets, je me laisse guider par les odeurs qui m’attirent.

Une émanation de gras mélangée à celle d’une patisserie m’interpelle. Je tourne la tête à droite et perçois alors un van à chichis, qui se distingue des traditionnelles cabanes de bois. Attirée, je m’approche, prête à succomber à la tentation mais le gras se fait de plus en plus sentir, je n’en ai plus envie.

À peine ai-je eu le temps d’être déçue, une odeur de nougats se distingue du mélange de senteurs. Je me dirige vers le monticule de confiserie et me laisse tenter par leur recette dite « traditionnelle ». En bouche, le miel, la vanille, l’amande et la noisette se marient parfaitement, le croquant des noix s’opposant à la douceur du miel.

Soudain, un souffle très animal, très brut me captive. Je me retourne et me retrouve face à un stand proposant des articles en cuirs. Des ceintures, des portefeuilles, des gants, il y en a pour tous les goûts. Je m’approche, l’odeur se fait de plus en plus puissante. Elle m’attire et me rebute à la fois, m’évoquant les olives noires avec une facette presque plastique. Les matières brillent et luisent. En fermant les yeux quelques secondes, on se croirait presque dans la tannerie des Maîtres Gantiers et Parfumeurs.

Je décide de continuer mon chemin lorsqu’une légère trace poivrée me pique le nez. À ma droite se tient un stand de saucissons. L’atmosphère y est particulière. On devine, bien sûr, l’aspect gras de la charcuterie, mêlée à l’odeur déroutante de la viande. Mais en fonction de leur parfum, s’associent des exhalaisons traditionnelles : fumées, poivrées, aillées; ou plus originales : pimentées, à la figue ou à la tomate.

Je suis ensuite attirée, non pas par une odeur, mais par un bruit. Le bruit de l’eau jaillissant de la fontaine centrale apaise le brouhaha général. Je veux m’approcher d’elle mais encore une fois, mon odorat prend le dessus sur mes autres sens. Un effluve amandée suscite ma curiosité. Je redescends la marche menant à la fontaine et me dirige vers ce stand de patisseries orientales. Cornes de gazelle, makrouds, zlabia et chebakia diffusent leurs arômes de miel, de cannelle, de fleur d’oranger et d’amande. Ce stand me fait immédiatement voyager en Orient, la chaleur en moins.

Une fumée me traverse ensuite le nez. Cette émanation, fréquentant quotidiennement les rues parisiennes, je la connais par cœur. Elle est la fois fumée, presque grillée, et gourmande. Je lève la tête. Plus loin se trouve un vendeur de marrons grillés. Je l’aperçois donner , tout sourire, un cornet de marrons à un enfant. Je m’avance vers lui, et distingue ceux-ci qui se déchaînent dans son poêle. C’est la chaleur qui permet de diffuser dans tout le marché l’agréable parfum de ce fruit de Noël. Mais je suis repoussée par l’odeur de la rotisserie voisine. Très peu amatrice de viande, le jambon à l’os et le boudin, bien que leur aspect soit gage de qualité, ne parviennent pas à me séduire. Je poursuis mon chemin.

Je croise alors la route de l’odeur la plus traditionnelle des marchés de Noël. Celle qui nous rappelle les soirées glaciales réchauffées par un feu de cheminée et les moments passés en famille. Mais je ne parviens pas tout de suite à trouver le stand. L’odeur est diffuse, je décide de remonter à la source cette vapeur. Je contourne une cabane en bois et me retrouve face à ces grands fûts en cuivre. La danse de la vapeur qui s’échappe du vin chaud attire les badauds. L’arôme du vin se marie aux odeurs des oranges, de la cannelle, des clous de girofle et de la badiane. Je reste quelques instants près du stand pour me réchauffer et goûter à l’un de leurs vins de Noël.

Je poursuis mon chemin mais ne découvre aucune nouvelle odeur, il est temps pour moi de partir.

Parfums associés

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« Noël au balcon » – Etat Libre d’Orange

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« Bello Rabelo » – Liquides Imaginaires

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« Cuir Ottoman » – Parfums d’Empire

Margaux LE PAIH GUERIN

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