Ile Saint-Louis

Il fait chaud, presque lourd dans Paris lorsque je décide, en cette période d’examens, de m’aérer l’esprit sur l’Ile Saint-Louis.

La première étape de mon parcours se trouve en l’Eglise Saint-Louis en l’Ile, une des plus petites églises de Paris. De l’extérieur, aucun indice olfactif invitant le visiteur à y rentrer. En revanche, à l’intérieur, celui-ci est alors soumis à de nombreuses effluves. Celui, bien évidemment, de l’encens qui accompagne les cérémonies religieuses, mais également celui des chaises aux senteurs boisées, et celui des murs de pierre qui donne une impression étonnante de « froid olfactif ». Quant aux bougies, elles ne dégagent aucune autre senteur que celle de la cire fondue. Je me déplace et m’avance vers l’Autel, mais aucun autre indice du Parfum de Dieu ne me parvient au nez.

église

Je ressors de l’Eglise pour retrouver cette chaleur harassante et poursuis mon chemin en longeant la rue Saint-Louis en l’Ile. A ma droite, une librairie m’interpelle, non pas par son odeur dans un premier temps, mais par son originalité. Authentique et singulière, la « Librairie Ulysse » affiche en grand sur sa devanture Pays et Voyages. A l’intérieur, aucune odeur de fruits tropicaux des pays lointains, mais celle des vieux livres, gage de leur ancienneté et de leur savoir. Au milieu de ces odeurs de carton, de papier et de reliures usagées, pas de place pour aucun autre parfum que celui de la découverte.

ulysse

J’abandonne ce temple de la lecture et suis surprise, quelques mètres plus loin, par une émanation de fromages. Je tourne la tête et découvre sans grand étonnement l’écriteau « Fromage, Vin, Epicerie ». La « Boucherie Gardil », le commerce voisin , s’harmonise avec la Fromagerie de l’Isle en diffusant des effluves de charcuterie, comme pour inciter les clients à abandonner leurs résolutions pré-estivales…

A ma gauche s’amoncèle plusieurs dizaines de personnes, formant une longue queue devant « Berthillon ». Cette Maison datant de 1954 possède le quasi-monopole de la vente de glaces sur l’Ile. Par cette chaleur, je devine facilement que les patients clients n’attendent qu’une chose : une bonne glace rafraîchissante. Devant le commerce, nul besoin d’odeurs pour rameuter les ludovisiens, la météo suffit. N’ayant pas le temps de faire la queue, je jette un rapide coup d’œil aux parfums proposés. On y retrouve les classiques : vanille, chocolat, caramel au beurre salé, fraise ; mais également des parfums plus originaux : réglisse, Grand Marnier, ou encore sorbet ananas rôti au basilic.

Je dépasse la longue queue et trouve à ma gauche le fleuriste Patrick Allain, dont les roses, les pivoines et les lys parfument généreusement la rue.

FLEURS.jpg

Mais bientôt, ce ne sont plus les bouquets qui retiennent mon attention, mais une odeur de gâteaux. Je tourne la tête à gauche et aperçoit la « Cure Gourmande ». Dictée par mon instinct, je m’engouffre dans la boutique dont la déco semble me ramener dans les années 70. Mon odorat est alors sollicité par un mélange de parfums. Celui des gâteaux à la fleur d’oranger peine à recouvrir celui des gâteaux aux amandes. Celle du chocolat quant à elle s’impose. En fond, je perçois une très légère senteur de citron. Plus je m’avance dans le magasin, plus les biscuits sont peu à peu remplacés par des bonbons, et plus les odeurs se font discrètes.

Je quitte cette ambiance gourmande. Dans la rue, de nombreux fast foods procurent à la rue un parfum de kebabs et de paninis. Etant arrivée au bout de la rue Saint-Louis en l’Ile, je décide de faire demi-tour jusqu’à la rue des Deux Ponts et de quitter l’Ile en longeant les quais par la droite. Dans cette rue, je découvre « Marie Tournelle », une papeterie dans laquelle les odeurs de cèdre des crayons de papier se marient avec celles des cartes postales et des carnets, notamment ceux de Christian Lacroix aux graphiques colorés.

carnets.jpg

Le commerce voisin propose une atmosphère bien différente. Avec ses couteaux Opinel, les senteurs froides du bois et du métal confèrent à cette boutique son identité olfactive.

OPINEL.jpg

L’Eglise sonne la messe de 18h30, me ramenant à la réalité. Je dois vite rentrer chez moi pour retrouver la chaleur étouffante de mon studio et le plaisir des révisions.

Parfums Associés

Flacon Ile Saint Louis - École Supérieure du Parfum

« Ile Saint-Louis » – Ecole Supérieure du Parfum

1

« Encens » – Rag & Bone

« Fleur d’Oranger » – Fragonard

5 commentaires sur “Ile Saint-Louis

Ajouter un commentaire

  1. La précision et le rédactionnel est toujours aussi passionnant. Margaux.
    Les senteurs de cette Ile St Louis sont si bien décrites qu’elles nous transportent dans ce lieu de Paris avec facilité.
    Je suis impatiente de découvrir le prochain article…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :