Hippodrome d’Auteuil

Le turf, une passion familiale qui m’a été transmise par mon oncle m’a rapidement conduit sur les champs de courses. Depuis toute petite, cette niche olfactive m’a toujours fasciné, et chaque mois, comme une tradition, la sortie à l’hippodrome mettait mon nez en alerte.

À l’occasion du grand Steeple-Chase de Paris, nous nous sommes donc rendus à l’hippodrome d’Auteuil où, sans surprise, l’ébullition de senteurs me propulsait dans mon enfance.

Nous y sommes accueillis par un long couloir où le sol poussiéreux nous projette une odeur proche du talc, que l’inconscient renvoie à la saleté et l’impureté. Une terrible envie de me passer les mains et le visage sous l’eau me fait prendre conscience que je suis davantage guidée dans cette envie par l’olfactif que par le toucher. 

Nous parcourons le couloir froid et cimenté qui débouche sur les tribunes de l’hippodrome.

Sur la pelouse de la piste, des jardiniers s’occupent de son entretien. La vague de parfum vert qui me happe laisse deviner que la tonte a eu lieu récemment, d’où la présence de ces molécules si reconnaissables qui flottent dans l’air.

Je pénètre dans l’enceinte de l’hippodrome où les odeurs de chocolat chaud se mêlent au brouhaha des passionnés attisés à l’idée de faire les premiers paris de la journée.

Je ressors par le côté opposé, côté duquel nous pouvons aller voir les chevaux en préparation, mais également profiter de nombreuses activités organisées par l’hippodrome. Des food trucks profitant de l’affluence du week-end sont stationnés à l’ombre du bâtiment. Je les longe, sentant les uns après les autres les relents de pralines, de barbe à papa, de galettes ou encore de frites. Arrivée au rond de présentation, coeur névralgique de cette partie de l’hippodrome, j’observe les chevaux qui effectuent un dernier échauffement avant le départ. Leur musculature se contracte à chaque pas sous leur poil brillant fraîchement lavé.

À quelques mètres, une installation pour enfants leur propose un tour à dos de licornes, petits shetlands à qui on a rajouté une corne sur la tête. Il y règne, outre la peur de certains enfants à l’idée de monter sur ces terrifiants petits poneys, l’animalité du crottin et du cuir des selles. En fond, la sècheresse de la paille intensifie l’immersion olfactive dans l’univers équestre. 

Près de moi, la nervosité de certains joueurs se ressent : les mains s’agrippent au Paris-Turf et la moiteur de celles-ci humidifient les pages du journal, intensifiant la diffusion de leur odeur si facilement identifiable.

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Le top départ de la course approchant, je m’installe dans la tribune où flotte un nuage de fumée de tabac et des relents de bière. À l’approche des chevaux de la ligne d’arrivée les esprits s’échauffent, les cris fusent et les pieds battent le sol. Finalement, les déçus comme les satisfaits retournent avec hâte au rond car le temps presse de parier pour la prochaine course. Ce manège se répétera toute l’après-midi, véritable ascenseur émotionnel pour les parieurs qui espèrent se voir repartir fortunés à la fin de la journée.

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Parfums associés

 

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« Foin Fraîchement Coupé » – ORIZA L. LEGRAND

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« Tokyo Bloom » – The Different Company

(Notes herbacées)

 

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« Ombré Leather » – TOM FORD

(Notes de cuir)

 

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